Biographie

Mon parcours scolaire, universitaire et professionnel

Mon parcours scolaire, universitaire et professionnel

Je suis né dans une petite ville, Manga, située à 105 kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

A l’époque, le pays s’appelait la Haute Volta.

C’est pour cela que dans mes deux premiers romans (« Le fils aîné » et « Adama ou la force des choses »), le récit se déroule en Haute Volta.

Le pays a changé de nom en 1984. C’est pour cela que dans les autres romans qui ont suivi, les personnages évoluent au Burkina Faso.

Après mon école primaire à Manga je suis allé au Petit Séminaire de Pabré situé à environ 22 kilomètres de Ouagadougou.

J’ai quitté Pabré après la classe de Seconde. Je suis allé au Lycée Philippe Zinda Kaboré à Ouagadougou.

A l’issue de mes études secondaires je suis allé à l’Université de Lagos au Nigeria.

Quand j’ai obtenu ma Licence (BA) d’Anglais, je suis allé à l’ESIT (Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs), Sorbonne Nouvelle, Paris III, puis au Polytechnic of Central London à Londres. Dans ces deux écoles de formation, j’ai fait des études professionnelles pour devenir interprète de conférence.

Parallèlement à mes études d’Interprétation j’ai fait une Maîtrise de Linguistique à la Sorbonne Nouvelle, Paris III.

Ensuite je suis rentré au pays où j’ai travaillé au Ministère des Affaires Etrangères pendant trois ans.

Puis j’ai été détaché auprès de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Au service de l’OUA, j’ai d’abord passé deux ans au Bureau régional de Lagos (Commission Scientifique, Technique et de la Recherche). Au bout de deux ans, j’ai été affecté au Siège à Addis Abéba en Ethiopie.

Pendant que j’étais à l’OUA, j’ai obtenu un congé sabbatique qui m’a permis d’aller faire un DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies) de Lettres Modernes à l’Université de Lille III en France.

Quelques années après le DEA, j’ai soutenu une thèse de Doctorat de Lettres Modernes à l’Université de Cergy-Pontoise en France. Ma thèse a porté sur une mise en parallèle entre le Nouveau Roman français et le Roman africain d’expression française.

Au bout de quinze ans j’ai quitté l’OUA pour aller à la BAD (Banque Africaine de Développement) à Abidjan.

En 2003, en raison de la crise en Côte d’Ivoire, la BAD s’est temporairement relocalisée à Tunis en Tunisie. Et c’est au cours de mon séjour à Tunis que j’ai fait valoir mes droits à la retraite. Je me suis réinstallé au Burkina Faso.

Je travaille comme Interprète de conférence indépendant.

Mon parcours dans la littérature

Mon parcours dans la littérature

Alors que j’étais en classe de Quatrième au Petit Séminaire de Pabré, j’ai participé à un concours de poésie organisé à l’occasion de la fête de l’Indépendance. J’ai choisi d’écrire un poème sur le thème : « J’aime ma peau ». Mon poème a été primé et j’ai reçu comme prix, un t-shirt.

Après le Petit Séminaire, je suis allé au Lycée Philippe Zinda Kaboré où j’ai fait la classe de Première et de Terminale.

A la fin de la Terminale, pendant la longue attente des résultats du Baccalauréat, j’ai entamé la rédaction de mon premier roman, « Le fils aîné », qui fut publié quelques années plus tard par les Editions Silex à Paris.

Après le lycée, j’ai obtenu une bourse AAI (African American Institute) pour faire des études d’Anglais à l’Université de Lagos au Nigeria.

Pendant mes années d’étudiant, j’ai pris part au Concours théâtral radiophonique de l’Office de Radio et de Télévision Française en envoyant coup sur coup deux pièces de théâtre dont la deuxième a été jugée suffisamment digne d’intérêt pour être confiée à la Radio Nationale du Burkina qui l’a fait mettre en scène par sa Troupe de Théâtre Radiophonique et l’a diffusée à maintes reprises sur les ondes de la radio nationale.

A l’issue de ces petites tentatives, j’ai choisi ma voie en optant pour le roman et la nouvelle.

C’est ainsi que j’ai publié les livres suivants :

-« Le fils aîné », Roman (1982), Editions Silex (Paris). Sana, un bon élève de Terminale échoue au baccalauréat de façon inexplicable. Seul et incompris, il tâtonne douloureusement à la recherche d’un nouvel équilibre. Il traverse des zones d’ombre. Par finir, il rentre en lui-même et décide de faire face. Grâce au soutien de son oncle, il reprend pied, réussit à son examen et se réconcilie avec son père.

- « Le mariage de Tinga », Nouvelle (1985), Editions Silex (Paris) ; Le village de Sagana vit une situation de famine provoquée par une sécheresse calamiteuse. Tinga, le prince héritier qui a brièvement fréquenté l’école refuse de convoler en troisièmes noces avec la fille du chef d’un village anciennement ennemi de Sagana. Le chef du village de Sagana et les Anciens mettent au point un stratagème pour faire plier le rebelle. Trop tard, l’héritier présumé et apparent a pris la clé des champs.

- « Adama » ou la force des choses (1987). Depuis qu’il a quitté Zamsé, son village natal, pour s’établir à Ouagadougou, Adama est passé par toutes les étapes de la misère et de la révolte. Ayant scellé une sorte de pacte tacite avec l’éphémère, il est balloté au gré des petits ‘boulots’ précaires de la capitale burkinabè. Le vol de son vélo de service garé imprudemment devant l’atelier d’un tailleur, est ressenti par le héros comme le comble de la malédiction car il intervient au moment où Adama commençait à relever la tête. Ce vol constitue un détonateur psychique, un ‘court-circuit’ qui, libérant la mémoire, donne lieu au récit.

L’histoire met en scène des personnages d’une singulière négativité : le commerçant véreux, le fonctionnaire indolent, le spéculateur immobilier abject, le politicien roublard…

**Ce livre a obtenu le premier prix du roman à l’issue de la Semaine nationale de la Culture en 1987 à Ouagadougou.

- « Le retour de Yembi », Roman (1995), Editions Clé (Yaoundé). Un étudiant rentre au pays la tête haute à l’issue de ses études supérieures en Europe.
Avec son doctorat en poche, Yembi est convaincu qu’il trouvera rapidement un emploi bien rémunéré. Mais dès les premiers contacts, il réalise que l’horizon est bouché. Il s’installe donc dans la précarité et tout au long des mois qui s’égrènent, il se bat sur tous les fronts, sans véritablement parvenir à sortir la tête de l’eau. Tant et si bien qu’au moment où le roman se referme, Yembi dispense des cours comme enseignant journalier dans un petit établissement en zone non lotie.

- « Madame la ministre et moi », Roman (2007), Editions L’Harmattan), Paris. De quoi est-il question dans « Madame la ministre et moi » ?
C'est l'histoire d'un journaliste révolté par la manière dont son pays est gouverné. Il décide de militer pour l'avènement d'une démocratie véritable en rejoignant un mouvement d'avant-garde. De fil en aiguille, le journaliste de bonne volonté devient ministre et croit naïvement qu'il tient l'occasion d'œuvrer pour une société plus juste et plus compatissante…

** Ce roman a obtenu le premier prix du roman lors de la Semaine nationale de la Culture qui s’est tenue à Bobo-Dioulasso en 2008.

Par ailleurs, en 1990, les Editions SOFAD (Evreux, France) ont publié une collection appelée « Les Grands auteurs africains ». Cette collection comporte dix volumes. « Le fils aîné », mon premier roman ouvre le volume 4, juste avant « L’aventure ambigüe » de Cheikh Hamidou Kane. Pour finir sur ce chapitre, je signale que « Adama ou la force des choses » a été traduit en Anglais en 2019 et publié sous le titre « Adama ».

Quelques considérations

Quelques considérations

Assez souvent, la question suivante m’a été posée : « Est-ce que vous pensez que de nos jours cela sert encore à quelque chose d’écrire ? »
Autrement dit : « N’arrivons-nous pas trop tard dans un monde trop vieux dans lequel tout et son contraire ont été dits » ? Chaque fois, j’ai répondu en disant : « Je pense qu’il est toujours temps d’écrire ».

En disant cela, je pense à nous autres qui appartenons aux peuples noirs d’Afrique et d’ailleurs. Jusqu’à récemment, ces peuples ont été handicapés par l’absence de l’écriture. En raison de cette absence, les efforts de recherche et de création qu’ils ont déployés sur le plan scientifique et technique n’ont pas porté les fruits que l’on pouvait attendre car les expériences des uns ne se conjuguaient pas aux découvertes des autres pour constituer un socle, un patrimoine collectif stable.

A ce propos, même pour des choses aussi fondamentales que leur propre histoire, les peuples sans écriture n’ont eu aucun moyen de transmettre à leurs descendants les informations nécessaires afin que ceux-ci puissent savoir avec exactitude comment leurs pères ont vécu et quelles sont les étapes de leur évolution dans le temps et dans l’espace. C’est ainsi qu’aujourd’hui, nous sommes obligés de nous contenter de légendes et de récits de griots pour tenter de reconstituer un tant soit peu notre histoire. Il y a des événements et des faits qui se sont déroulés il y a à peine cent ans et qui semblent appartenir à l’antiquité puisque le temps qui passe est l’ennemi principal de la mémoire de l’homme.

Etant donné qu’il n’y avait pas de passage de témoin intégral entre le père et le fils, ces peuples sans écriture étaient empêtrés dans une situation de perpétuel recommencement. Pendant ce temps, les autres peuples sont allés à la conquête du monde et ont eu le loisir de dire ce qu’ils croyaient savoir sur les peuples sans archives.

Mais maintenant que des fils et des filles de ces peuples sont en mesure d’écrire, ils ont l’ardente obligation d’écrire encore et encore car leurs peuples ont tout à dire sur eux-mêmes et sur leur vision du monde. (5 mai 2021).